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Les Algériens, toujours plus nombreux à arriver en Espagne

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Près de 1 700 Algériens sont arrivés en Espagne depuis le début de l’année, contre une centaine à la même période l’an dernier. Ces migrants partent du nord de l’Algérie à bord de puissants bateaux qui peuvent parcourir les 200 km qui séparent les deux pays en seulement trois ou quatre heures, passant sous les radars des contrôles frontaliers.

Si l’Espagne a enregistré une baisse de 31% des arrivées de migrants cette année, en raison notamment du confinement imposé dans de nombreux pays du monde pour endiguer la pandémie de coronavirus, le nombre d’Algériens débarqués dans la péninsule ibérique a en revanche nettement augmenté.

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur cité par le journal local El diaro de Sevilla, près de 1 700 ressortissants algériens, également appelés harragas, sont parvenus à atteindre l’Espagne depuis le début de l’année, sur un total de 6 773 migrants – au cours de la même période l’an dernier, ils n’étaient qu’une centaine d’Algériens.

Les Algériens, première nationalité des arrivées en Espagne

Ces derniers représentent désormais la première nationalité des arrivées illégales dans le pays. Ils dépassent même les Marocains avec moins de 1 000 arrivées depuis janvier. Un tel phénomène ne s’était pas produit depuis 2016, d’après le quotidien El País qui cite les données de la direction générale de la police.

“Les Algériens sont de moins en moins nombreux à espérer un changement démocratique, alors ils quittent à nouveau leur pays, comme avant la révolution“, commencée en février 2019, analysait en février le chercheur marocain spécialiste des migrations Ali Zoubeidi, joint par InfoMigrants.

Cette augmentation inquiète d’autant plus les autorités espagnoles qu’elles observent un changement de route migratoire.

Un rapport de la commission européenne, que s’est procuré El País, montre que les Algériens empruntent de moins en moins la voie marocaine pour rejoindre l’Espagne par la mer, comme c’était le cas depuis des années. Ces harragas partent désormais directement des plages algériennes.

Depuis janvier, 46% des arrivées par bateau via la mer d’Alboran sont parties d’Algérie, contre 10% en 2019, note le rapport de la commission européenne.

Des bateaux puissants utilisés par les passeurs

“À moyen terme, la pression migratoire algérienne devrait rester élevée, étant donné que les réseaux de trafic ont adapté leur mode de fonctionnement et organisent des départs simultanés pour dépasser la capacité des autorités algériennes malgré les restrictions de covid-19”, signale le même document.

Les bateaux utilisés par les passeurs en Algérie sont mieux équipés que ceux empruntés par les migrants qui partent du Maroc ou de Libye. Les embarcations sont composées généralement de huit passagers maximum, et sont munies d’un moteur de 300 chevaux qui peut facilement atteindre 40 noeuds, soit 74 km par heure.

Ces bateaux n’ont besoin que de trois à quatre heures pour parcourir les 200 km qui séparent Oran, ville côtière algérienne d’où partent la majorité des canots, d’Almeria, ville du sud de l’Espagne où arrivent les migrants. À cette vitesse, il est difficile de les intercepter. Les bateaux sont capables de toucher terre avant l’arrivée des agents frontaliers avertis par par les radars du Système intégré de surveillance externe (Sive), géré par le commandement d’Almeria.

Les trafiquants débarquent les migrants sur une plage andalouse et retournent en Algérie où le même bateau sera réutilisé pour d’autres migrants désireux de rejoindre la péninsule ibérique.

Source: infomigrants.net

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