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OPINION

DE QUOI L’AFFAIRE GEORGE FLOYD EST-IL LE SYMPTÔME ?

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Le monde s’émeut à chaque fois que l’on assiste ou constate des violations des « droits de l’Homme ». Certaines catégories d’hommes, seulement, s’émeuvent du sort réservé aux noirs aux quatre coins du globe. C’est tout à fait louable. On est même tenté d’adopter des réflexes pavloviens d’indignation lorsque des images ou vidéos, diffusées à travers les médias, montrent l’homme noir méprisé, violenté, assassiné… pour la couleur de sa peau : des raisons racistes. Raisons toujours maquillées de criminalité, de banditisme. On condamne ici et là, après on manifeste de vives émotions d’amertume, de colère. Et chacun repart à ses occupations et préoccupations quotidiennes en attendant la prochaine mise en scène sinistre voire macabre d’un noir.
L’homme noir « post-moderne » se complaît dans la victimisation. Il a pris goût à la joute oratoire. Il adore les grandes déclarations creuses mais il est peu enclin à l’engagement actif. Pour emprunter l’expression de Jacques Attali, il est devenu un « résigné-réclamant ». Il est dans une vision traditionaliste de l’histoire : se remémorer son passé glorieux et incanter à tout-va l’irruption des occidentaux pour détruire cette harmonie. Nietzsche a toujours été virulent contre ce qu’il qualifiait d’« histoire antiquaire ». Invoquer la dette morale que l’humanité entière et particulièrement l’Occident doit aux noirs pour toutes les formes d’exploitation : impérialisme – esclavage – colonisation. C’est le lieu de rappeler que la victimisation n’est pas un projet en soi.
Le respect ne se quémande pas. Il se mérite, s’impose par les qualités de ceux qui le réclament. Les hommes du 20ème siècle, continuant les actions de leurs ancêtres, ont théorisé la négritude, le panafricanisme pour susciter une « conscience de race » chez les afrodescendants. Ils ont agit en revendiquant plus de justice et de liberté pour les noirs, à l’intérieur des sociétés tout comme dans les relations internationales. Ce fut le cas des mouvements des droits civiques aux USA incarnés par Martin Luther King (assassiné). Les mouvements indépendantistes en Afrique noire incarnés par Patrice Emery Lumumba (assassiné). Les combats de Nelson Mandela contre l’apartheid (emprisonné)… Pour ne citer que ces illustres personnalités.
Le racisme est structurel dans plusieurs sociétés. Que ça soit entretenu de façon consciente ou inconsciente, le noir demeure éternellement inférieur au blanc. Il est le damné par essence sur terre. D’où sa condition de vie misérable là où il se trouve. Misérable en Afrique, malheureux en France, pauvre aux USA, il a la condition précaire de l’esclave. Des partis politiques d’extrême-droite (les suprémacistes blancs), aux multinationales prédatrices sans nier la responsabilité de nos dirigeants corrompus, tout est fait pour maintenir l’homme dans une condition d’être inférieur ; afin de toujours le dominer.


Coulibaly Amadou, Analyste politique.

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