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Côte d’Ivoire : La mosquée de Yorobodi détruite par des jeunes venus d’Abidjan, le Cheick exfiltré

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La mosquée de Yorobodi, dans le Nord-Est de la Côte d’Ivoire, a été détruite par des jeunes en colère venus d’Abidjan. Les événements se sont déroulés le samedi 30 mai 2020. Une lutte interne entre deux tendances islamiques ?

« Depuis bien longtemps une catégorie de personnes trouve que le Cheick Mounirou Ouattara qui est un guide spirituel et prédicateur devrait céder la place à d’autres car, selon eux, son étoile les empêcherait d’évoluer jusqu’au jour où le fermier Ali Ouattara (Foani Agnibilekrou) proposa au Cheick Mounirou Ouattara en guise de cadeau, la réhabilitation de la mosquée de Yorobodi. C’est de là que les choses s’empirent », témoigne un fils de Yorobodi, à en croire une information publiée sur son mur par le journaliste ivoirien vivant en France, Bouanzi Taki.

« Le vieux Cheick Mounirou Ouattara préconise une réhabilitation avec extension de la mosquée pour pérenniser l’œuvre des anciens ayant contribué à la construction de l’actuelle mosquée et de l’autre côté des jeunes du village à Abidjan (avec des soutiens dans le village) qui s’opposent et préconisent la démolition complète de la mosquée et ensuite se cotiser pour la reconstruire entièrement. Arguant que si Cheick Mounirou Ouattara ne souhaite pas qu’il y ait démolition, c’est qu’il aurait gardé un fétiche dans la mosquée », relate la même source.

De fait, cette affaire de « fétiche » qui procurerait un certain pouvoir pour personnalités publiques, est une légende qui court dans la contrée depuis des décennies, voire des siècles. Elle remonte au temps de Samory Touré, alors que l’imam fondateur de la mosquée avait effectué le voyage de la Mecque à pieds. La même légende qui voudrait que le célébrissime DJ Arafat ait vu sa carrière musicale décoller, après un passage à Yorobodi, d’où son surnom Yôrôbô. De son vivant, le chef de la Yôrôgang avait toujours été évasif sur le sujet.

La mosquée de Yorobodi détruite, désolation et colères

Une chose est certaine, sur la base de cette légende, « les choses vont s’empirer. La suite, l’événement malheureux d’hier. Et pourtant suite à la démolition de la mosquée hier, ce qui a été présenté comme fétiche est un tabouret traditionnel que les imams utilisent le jour de Tabaski et de fête de Ramadan pour le sermon, compte tenu du fait que la prière se fait dehors et très souvent l’imam est en hauteur. Après démolition de la mosquée, les jeunes venus d’Abidjan , en ce temps où Abidjan est confiné, bord de quatre longs véhicules de type Massa se sont rendus au domicile de Cheick Mounirou Ouattara voulant l’humilier ».

Le fils du village précise que « la population locale s’est interposée et il y a eu un coup de feu entraînant la mort d’une recrue venue d’Abidjan et un autre qui succomba dans les débris lors de la démolition. Cheick Mounirou Ouattara et sa famille ont été exfiltrés par la gendarmerie et un couvre-feu a été instauré à 20 H. Puisque les jeunes projetaient d’incendier les domiciles de Cheick Mounirou Ouattara et de s’en prendre à ses épouses et enfants ».

De bonne source, la démolition de la mosquée historique de Yorobodi a été un acte prémédité et bien planifié. « Cela n’a rien de politique. C’est une contradiction interne entre deux tendances de l’Islam. Souffrez que nous n’en disions pas plus, pour le moment. Les autorités doivent prendre leurs responsabilités et en tirer toutes les conséquences », prévient un spécialiste de l’islam ivoirien.

Source: afriksoir.net

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